Épidémiologie

Nouvelle enquête nationale sur l’obésité et le surpoids

Été 2012 - Lettre n°5
#obésité #Surpoids #Prévention #Santé #Ralentissement #Pourcentage

Depuis 1997, date de leur lancement, les enquêtes ObEpi-Roche ont pour but d’estimer l’évolution de la prévalence du surpoids et de l’obésité chez l’adulte. Elles offrent à la fois un regard global sur cette progression au niveau national, mais aussi à l’echelle régionale.

Réalisées tous les 3 ans, depuis 15 ans, elles ont permis d’établir différentes comparaisons et courbes évolutives. En 2012, pour la première fois les enquêtes révèlent un ralentissement de la progression de l’obésité en France.

Que cela signifie t-il et que faut-il en penser ?

Concrètement, en 2012, ces études ont démontré que 32,3% des français adultes de 18 ans et plus sont en surpoids (25 < IMC < 30 kg/m2) et que 15 % présentent une obésité (IMC > 30kg/m2), soit par extrapolation de ces données : 14 807 123 français en surpoids et 6 922 215 français obèses

Ainsi, l’évolution globale de l’obésité en 15 ans serait de +76 %, ce qui est considérable. Mais si l’on regarde cela de plus près on constate que, comparativement aux années précédentes, l’augmentation est moins significative en 2012, ce qui traduit un certain ralentissement de cette fulgurante progression.

L’objectif d’une telle étude n’est pas uniquement d’établir le pourcentage des personnes en surpoids ou obèses en France, mais également et surtout d’en définir les caractéristiques afin de donner des pistes aux actions de prévention.

Le Nord et l’Est sont les régions les plus touchées

À l’échelle départementale, le Nord-Pas de Calais reste la première région touchée par l’obésité. L’Alsace, elle, se trouve parmi les régions ayant enregistré les plus fortes augmentations en 15 ans (avec la Champagne-Ardenne et la région Parisienne).

Les femmes davantage concernées que les hommes

À l’étude de ces chiffres, une différence significative entre hommes (14,3%) et femmes (15,7%) apparaît. Ainsi, la tendance à une augmentation plus forte de la prévalence de l’obésité féminine, observée depuis 2003, se confirme.

Les Français s’arrondissent

Chez les hommes, le tour de taille moyen a augmenté de 3,8 cm en 15 ans, passant de 91,3 cm en 1997 à 95,1 cm en 2012. Alors que chez les femmes, celui-ci a augmenté de 6,7 cm en 15 ans passant de 79,8 cm en 1997 à 86,5 cm en 2012.

Obésité et facteurs de risques toujours fortement liés

Les données sur l’association entre le degré de corpulence et les facteurs de risques (pourcentage de personnes déclarant être traitées pour une pathologie donnée tels que : l’excès de cholestérol, le diabète, l’hypertension artérielle, des suites d’un infarctus, pour un angor, une insuffisance cardiaque, un pontage ou une angioplastie) restent classiques. Elles confortent les préoccupations actuelles concernant l’impact santé et l’impact médico-économique de l’excès de poids.

Niveau d’instruction et perception de la situation économique en lien avec l’obésité

Le niveau d’instruction semble également entrer en jeu, car l’on constate que la prévalence de l’obésité est inversement proportionnelle au niveau d’instruction. De même qu’il existe la même relation entre le niveau de revenu du foyer et la prévalence de l’obésité.

De plus en 2012, le questionnaire sur lequel se base l’étude s’est enrichi d’une nouvelle question portant sur « la perception de la situation économique » et se plaçant ainsi au-delà du seul niveau de revenu du foyer. Il en est apparu que la prévalence de l’obésité augmente avec l’appréciation des difficultés financières. Le taux d’obésité est en-dessous de la moyenne nationale chez les individus se déclarant « à l’aise » et passe à 30% chez les individus disant « ne pas y arriver sans faire de dettes ». La prévalence du diabète augmente également avec les difficultés financières déclarées.

Que peut-on en conclure ?

Il est possible que l’échantillonnage des réponses, voire même le hasard, amènent à conclure de façon erronée à un ralentissement de la progression de la prévalence de l’obésité. Une confirmation par des études avec une méthodologie différente sera importante pour emporter la conviction. On peut néanmoins noter que la prévalence de l’obésité de l’enfant suit une courbe ascendante constante dans notre pays depuis les années 2000. Il faut maintenant, à partir des recherches sur les mécanismes fondamentaux qui lient adiposité et pathologies cardio-métaboliques, ouvrir des voies nouvelles pour la prévention et le traitement.

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