Santé

Maladies auto-immunes : l’hygiène en question

Été 2012 - Lettre n°5
#Maladie auto-immune #Système immunitaire #Hygiène

Stérilisation des biberons et des tétines, vaccination, utilisation de lingettes antibactériennes….
Les enfants naissent et grandissent aujourd’hui dans des environnements de plus en plus aseptisés et mangent de plus en plus de nourriture industrielle. Parallèlement, la prévalence des maladies auto-immunes ne cesse de croître, tout en touchant des enfants de plus en plus jeunes. Pour répondre à cette situation inquiétante des chercheurs européens se penchent actuellement sur la théorie dite de l’hygiène et cherchent à comprendre en quoi notre environnement de plus en plus stérile, perturberait le développement de notre système immunitaire. Rappelons qu’en France, l’incidence du diabète chez les moins de 15 ans a doublé au cours des 30 dernières années.

Le projet de recherche Diabimmune, financé à hauteur de 6 millions d’euros par la commission européenne, vise à étudier les cas de 7000 enfants d’Estonie, de Finlande et de République de Carélie, située dans le Nord Ouest de la Russie, de leur naissance à leur troisième anniversaire.

De précédentes études ont montré que les enfants finlandais ont six fois plus de risque de développer un diabète de type 1, et que leur taux de maladie coeliaque (maladie auto-immune de l’intestin grêle) est cinq fois plus élevé que celui des enfants russes. Or, selon ces mêmes études, ces différences de fréquence ne peuvent résulter de causes génétiques.
Les chercheurs se sont alors intéressés à l’impact du style de vie sur ce phénomène inquiétant.
Pour déterminer pourquoi ces enfants échouent en grandissant à développer une résistance aux maladies immunitaires, les médecins et chercheurs impliqués dans le projet Diabimmune se pencheront ainsi sur :

  • Le développement d’une flore bactérienne intestinale après la naissance et l’effet de l’environnement social sur sa composition ;
  • L’impact des infections sur la maturation du système immunitaire et le fonctionnement des leucocytes, qui régulent les réponses immunitaires ;
  • L’impact de l’alimentation des enfants sur la maturation du système immunitaire, la flore bactérienne et l’apparition d’infections ;
  • L’impact des infections infantiles dans le développement d’un bon système immunitaire.

Cette étude durera encore quelques années, mais les chercheurs espèrent livrer à terme des conclusions qui permettront de découvrir les facteurs microbiens qui provoquent ou au contraire préviennent le diabète. Ils pourraient, ainsi, ouvrir la voie à une immunisation contre la maladie en utilisant par exemple des produits alimentaires probiotiques pour enfants.

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