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Focus sur le stress oxydant

Printemps 2012 - Lettre n°4
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Une équipe de chercheurs du Centre européen d’étude du Diabète se penche sur les capacités protectrices et préventives des antioxydants

Les observations provenant d’études de population suggèrent qu’un régime alimentaire équilibré riche en fruits et légumes, pourrait être associé à un risque réduit de diabète et d’apparition de ses complications.

En effet, il a déjà été démontré :

  • que les glycémies élevées entraînent un stress oxydant et jouent un rôle important dans le développement des complications du diabète ;
  • que les antioxydants présents dans l’alimentation, et notamment dans les fruits et légumes, pourraient aider à lutter contre ces dommages.

La notion de « stress oxydant » décrit une situation dans laquelle la cellule ne contrôle plus la présence excessive de radicaux oxygénés toxiques, situation impliquée dans le vieillissement et dans le développement de la plupart des maladies humaines (diabète, cancers, inflammations…).

La thématique stress oxydant et diabète initiée par le CeeD vise à comprendre plus précisément l’implication de ce stress oxydant dans la physiopathologie du diabète, afin d’élaborer une stratégie de prévention nutritionnelle basée sur la consommation d’antioxydants d’origine naturelle.

Les fruits et légumes d’Alsace à l’épreuve

Lancé mi-2011, le projet EVA (pour EVAluation du pouvoir antioxydant des fruits et légumes d’Alsace et recherche de leurs effets modulateurs sur le stress oxydant dans le cas du diabète) a pour objectif de sélectionner des aliments pour leurs propriétés antioxydantes pouvant être intéressantes dans le cadre de la prévention du diabète de type 2 et de ses complications.

Les aliments riches en antioxydants sont ainsi examinés à l’aide de plusieurs techniques de screening (chimiques et biologiques). Grâce à ces méthodes d’analyse, les chercheurs peuvent préciser les effets de différentes molécules antioxydantes d’intérêt sur des cellules productrices d’insuline et confirmer leurs effets sur l’animal.

Sous l’impulsion de l’Interprofession des Fruits et Légumes d’Alsace et grâce au soutien de la Région Alsace, l’équipe du CeeD entourée d’experts du laboratoire CAMBA (laboratoire de Conception et Application de Molécules Bioactives) et de l’AERIAL (Institut Technique Agro-Industriel) devraient livrer leurs premiers résultats fin 2013.

À terme, il s’agira d’établir un profil nutritionnel de fruits et légumes cultivés en Alsace et d’établir leur potentialité pour prévenir le développement du diabète de type 2 ou limiter ses conséquences sur la base de résultats scientifiques consolidés par une approche combinant l’analyse biochimique et biologique.

Etude du stress oxydant dans le cadre spécifique du diabète gestationnel

Le diabète est associé à un stress oxydant, tout comme la grossesse en général. En revanche, peu de données relatent le rôle joué par le stress oxydant dans l’apparition du diabète gestationnel ainsi que ses conséquences tant au niveau maternel, que fœtal et néonatal. C’est pourquoi, les chercheurs du CeeD tentent de mettre en place un modèle d’étude chez l’animal, afin de mieux comprendre cette physiopathologie et d’en déterminer les conséquences sur la descendance.

En parallèle, le CeeD participe à un PHRC interrégional (Programme Régional de Recherche Clinique) regroupant les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, les maternités des CHRU de Strasbourg et de Mulhouse, les services de Médecine interne et d’Endocrinologie dont l’objectif est de comparer les effets de plusieurs traitements sur des patientes présentant un diabète gestationnel :

  • Régime nutritionnel,
  • Metformine® (antidiabétique oral au pouvoir potentiellement antioxydant)
  • Insuline.

Il s’agira d’évaluer l’impact de ces différentes stratégies thérapeutiques sur le niveau de stress oxydant et en fonction d’en tirer des recommandations. La durée totale de l’étude, qui vient tout juste d’être lancée sera de 3 ans et 7 mois environ. Chaque patiente incluse sera suivie depuis le dépistage de son diabète gestationnel jusqu’à la consultation post natale effectuée au plus tard 3 mois après l’accouchement. Il faudra alors comparer leur poids par rapport à celui de début de la grossesse et vérifier la persistance éventuelle d’un trouble de la régulation du glucose post-partum.

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